mardi 10 janvier 2012

1. Les studios de production

1.  Les studios de production

Le plus ancien mode de production est lié à des firmes de distribution qui possèdent des studios, comme fit, parmi les premières, la Star Film de Méliès, en 1896. Elles financent les films, les tournent et les montrent. Tel était le cas de la Gaumont en France, de la Lux en Italie, de la U.F.A. en Allemagne ou des compagnies qui dominaient Hollywood : M.G.M., Paramount, Warner Bros, Universal, Fox, etc. Loin de ces géants industriels, des nations plus petites n'étaient pas en reste : si, au Danemark, la Nordisk, fondée en 1906, disparut en 1929, sa rivale suédoise, la Svensk Filmindustri produira les œuvres d'Ingmar Bergman jusqu'en 1969.
Le patron de la production, qu'on nomme aux États-Unis executive producer, confie la mise en œuvre et d'abord la gestion comptable d'un projet à un producteur, dont il se réserve d'apprécier et de contrôler le travail ; ce dernier peut à son tour déléguer une partie de ses prérogatives et parfois l'essentiel de ses tâches à un associé (associate producer). Un imbroglio verbal veut que les fonctions de ce dernier correspondent à celles qui sont en français celle du producteur délégué ou producteur exécutif. Dans ce système, le producteur règne sur tous les domaines de la réalisation et dispose des moyens qu'offre le studio : les techniciens qui en sont les employés, les acteurs qui lui sont liés par contrat, les droits d'adaptation d'œuvres littéraires qu'il a achetés, les locaux, les appareils, les accessoires, les décors, la filmothèque. Cela permet l'exploitation la plus rationnelle des ressources matérielles et humaines, et limite l'usage de l'emprunt à des investissements destinés à financer des équipements durables. Mais, surtout, cela garantit aux cinéastes des moyens incomparables, des équipes animées d'un esprit commun, des habitudes de travail rassurantes.

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